mercredi 4 février 2009

:: Les vaisseaux du coeur ::

"Depuis que Gauvin a tenu sa promesse et m'a rejointe pour quelques jours à Paris, je ne peux plus déglutir, ni dormir ; j'ai littéralement la gorge serrée, l'estomac noué, le cœur gros et les jambes en coton, comme si la fonction sexuelle avait accaparé toutes les autres. Et je suis atteinte aussi, expression dont j'éprouve la justesse, de feu au cul. Je vais me voir contrainte de circuler pendant trois jours avec ce tison brûlant au creux de moi, portant la marque au fer rouge de Gauvin, comme son anneau entre les jambes.
"Tu sais que j'ai le feu… où je pense" dis-je à Gauvin n'osant pas lui dire "cul" comme ça, si vite. Après tout, on ne se connaît pas beaucoup. "Tu as le feu où je pense" , réplique-t-il d'un air patelin, hésitant entre le plaisir de l'hommage rendu à sa virilité et l'étonnement devant ma franchise qu'il n'attendait pas chez une personne de mon éducation. (…)"

Benoîte Groult

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Et vous ?

LinkWithin

Related Posts with Thumbnails